Sophie la girafe : son histoire, sa fabrication, son entretien

Sophie la girafe, jouet de dentition en caoutchouc naturel, posée dans une chambre de bébé

Depuis plus de soixante ans, Sophie la girafe passe de main en main et de bouche en bouche dans les chambres de bébé. Mais d’où vient ce jouet de dentition en caoutchouc, pourquoi porte-t-il un prénom, et comment bien l’entretenir ? Voici son histoire, telle que la racontent le fabricant et la presse, sans enjoliver ni noircir.

D’où vient Sophie la girafe ?

L’histoire commence dans le Val-d’Oise, à Asnières-sur-Oise. L’entreprise Delacoste y fabrique des jouets en caoutchouc, dans la lignée de la société Derolland, active depuis le XIXe siècle.

Selon le fabricant, c’est un certain M. Rampeau, spécialiste de la transformation du latex, qui a l’idée d’une girafe. Pourquoi cet animal ? Un animal exotique était alors une nouveauté, dans un marché dominé par les animaux de la ferme. Sa silhouette élancée se prête aussi très bien à la préhension par de petites mains.

Des sources citées par Wikipédia (un article du musée du jouet de Moirans-en-Montagne et Le Monde) évoquent aussi une tentative antérieure : une première girafe de 46 cm, prénommée Zoé, dès 1959. Nous n’avons pas pu consulter ces textes directement. La version que l’on connaît aujourd’hui mesure 18 cm et compte 76 taches sombres, d’après le site officiel.

Pourquoi s’appelle-t-elle Sophie ?

C’est une question de calendrier. La girafe aurait été « baptisée » le 25 mai 1961, jour de la Sainte-Sophie, et en a gardé le prénom. Le site officiel et le dossier de presse de Vulli donnent tous deux cette date.

On lit parfois ailleurs la date du 18 mai 1961 : nous ne l’avons trouvée dans aucune source officielle. Le 25 mai, fête de sainte Sophie au calendrier français, est la date retenue par le fabricant.

Le site officiel situe cette première fabrication rue de Nazareth, à Paris, alors que les archives de presse rattachent la production de l’époque à l’usine d’Asnières-sur-Oise. Les deux récits coexistent : le premier évoque le lieu de naissance « officiel », le second le site industriel.

Qui fabrique Sophie la girafe aujourd’hui ?

La marque appartient à Vulli, entreprise de puériculture installée à Rumilly, en Haute-Savoie, depuis 1945 selon son dossier de presse. Vulli rachète Delacoste au début des années 1980 : 1980 selon le magazine Chef d’entreprise, 1981 selon d’autres sources relayées par Wikipédia. La production est ensuite transférée à Rumilly en 1991.

Le succès devient mondial. Le fabricant revendique aujourd’hui plus de 70 millions d’exemplaires vendus dans plus de 85 pays. Fin 2011, le magazine Chef d’entreprise rapportait déjà 816 000 exemplaires vendus en France en 2010, une année qui comptait environ 832 000 naissances selon Le Monde.

Où est-elle fabriquée, en réalité ?

Ce point a été bousculé en mai 2026. Une enquête de Mediapart, reprise par de nombreux médias, affirme qu’une large part de la production est réalisée en Chine, « au moins depuis 2013 ». La Répression des fraudes (DGCCRF) a ouvert une enquête sur l’usage de la mention « Made in France ».

Interrogé par l’AFP le 4 mai 2026, le PDG de Vulli, Alain Thirion, a reconnu que des girafes « nues » sont fabriquées en Chine, puis terminées et contrôlées une par une en France. Il a présenté la situation comme temporaire, liée au démarrage d’un nouveau site à Saint-Nabord, dans les Vosges, et vise un retour à une fabrication 100 % française. Mediapart conteste ce calendrier. À ce jour, l’enquête de la DGCCRF n’a pas donné lieu à une décision publique à notre connaissance.

En quelle matière est Sophie la girafe ?

Sur la matière, les informations officielles sont constantes. Sophie est en caoutchouc 100 % naturel, issu du latex de l’hévéa, un arbre cultivé en Malaisie selon le fabricant. Ses taches sont peintes avec des pigments naturels mélangés au latex, une peinture de qualité alimentaire.

La fabrication traditionnelle décrite par Vulli comprend plus de 14 opérations manuelles : coulage du latex dans des moules en plâtre, rotomoulage, maturation d’au moins trois mois, polissage, pose du sifflet, puis peinture des détails. Chaque exemplaire porte un numéro de lot sur la patte, pour la traçabilité.

Le caoutchouc naturel ne contient pas de bisphénol A, un composé propre à certains plastiques. En 2011, une étude du magazine allemand Öko-Test avait relevé des précurseurs de nitrosamines. Selon les articles du Monde et du Figaro de l’époque, cités par Wikipédia, les taux mesurés respectaient les normes européennes en vigueur, et Vulli avait annoncé adapter son procédé à la directive de 2013.

Comment nettoyer Sophie la girafe ?

C’est la question la plus pratique, et la réponse du fabricant est simple : on nettoie la surface avec un linge humide et de l’eau savonneuse.

Ce qu’il ne faut pas faire, selon la FAQ officielle :

  • Ne pas l’immerger, ni la passer au lave-vaisselle : le sifflet comporte une ouverture par laquelle l’eau peut entrer.
  • Ne pas la stériliser, car les méthodes de stérilisation courantes supposent une immersion.
  • Ne pas en faire un jouet de bain : Sophie n’est pas conçue pour cela.

La polémique des moisissures (2017)

En janvier 2017, des parents, principalement aux États-Unis, ont partagé sur Internet des photos de moisissures découvertes à l’intérieur de leur girafe après l’avoir ouverte. Europe 1 a relayé ces témoignages, dont celui d’une dentiste pédiatrique américaine.

Vulli a rappelé ses consignes : nettoyage en surface uniquement, sans immersion. Le fabricant explique que, dans un usage normal, aucune moisissure ne se forme. En revanche, si de l’eau pénètre et stagne à l’intérieur, des moisissures peuvent apparaître. Un pédiatre cité par Europe 1 estimait le risque limité, surtout pour les enfants immunodéprimés ou allergiques aux moisissures.

À retenir : une girafe qui ne prend pas l’eau reste sèche à l’intérieur. Si vous préférez un jouet de dentition entièrement lavable, une balle de dentition en silicone alimentaire sans cavité fermée est une alternative intéressante.

Faut-il remplacer Sophie la girafe ?

Le fabricant est clair sur un point : une Sophie par enfant. Comme une tétine ou une brosse à dents, elle ne se transmet pas d’un bébé à l’autre. Le caoutchouc naturel est une matière « vivante » qui évolue avec le temps.

Pour le reste, le bon sens s’applique. Si la girafe est fendue, abîmée, collante ou si de l’eau y est entrée, mieux vaut la remplacer. Vérifier régulièrement son état fait partie de l’entretien.

À partir de quel âge offrir Sophie la girafe ?

La fiche officielle de la gamme indique qu’elle convient dès la naissance, tandis que la page d’accueil du site la présente comme un jouet d’éveil des cinq sens dès 3 mois. Les deux indications se complètent : elle peut être offerte dès la naissance, et prend tout son sens quand bébé commence à saisir les objets et à les porter à la bouche.

Sophie sollicite plusieurs sens à la fois. Les taches contrastées attirent le regard, le « pouet » répond à la pression, et la matière souple se mâchouille aux oreilles, aux cornes ou aux pattes pendant les poussées dentaires.

Vous pouvez trouver le coffret original de Sophie la girafe dans notre boutique. Pour varier les textures, un hochet en bois et tissu avec grelot complète bien les premiers jeux de préhension. Et pour aller plus loin, notre guide des cadeaux pour bébé de 0 à 2 ans passe en revue les jouets adaptés à chaque étape.

FAQ

Quand est née Sophie la girafe ?

Selon le fabricant, le 25 mai 1961, jour de la Sainte-Sophie, d’où son prénom.

Peut-on mettre Sophie la girafe au lave-vaisselle ?

Non. Le fabricant recommande un nettoyage en surface avec un linge humide et de l’eau savonneuse, sans immersion.

Sophie la girafe contient-elle du BPA ?

Non. Elle est en caoutchouc naturel, et le bisphénol A concerne certains plastiques, selon la FAQ officielle.

Sophie la girafe est-elle fabriquée en France ?

La marque est française et basée à Rumilly (Haute-Savoie). Depuis mai 2026, son PDG reconnaît qu’une partie de la fabrication est réalisée en Chine, la finition et le contrôle ayant lieu en France. Une enquête de la DGCCRF est en cours.

Une icône qui continue de s’écrire

Soixante-cinq ans après sa naissance, Sophie la girafe reste un repère pour les jeunes parents. Son histoire mêle trouvaille commerciale, savoir-faire du caoutchouc et, plus récemment, questions sur l’origine de fabrication. Bien entretenue et réservée à un seul enfant, elle accompagne les premiers mois en toute simplicité.

Pour composer la suite de ses premiers jeux, découvrez notre sélection de jouets pour les 0-2 ans.

Sources

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Qui a écrit cet article ?

Titulaire d’une maîtrise d’anthropologie culturelle et maman, Ema regarde le jeu comme un fait de culture : ce qu’il transmet, ce qu’il relie entre les générations, ce qu’il dit de nous.

Article préparé avec l’aide de KLIA, notre assistante IA, puis relu et vérifié par
Ema René Goyhenetche
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